Dominance et Hiérarchie

« Mon chien est dominant, pourtant c’est moi le chef de famille, il doit m’obéir! »

Oui, mais non. Le sens du devoir n’existe pas dans les gênes du chien, toutes ses actions sont subordonnées au bénéfice qu’il en tirera, friandises, caresses, félicitations, promenades…

La confusion vient de ce que l’on interprète le comportement du chien, à travers nos références humaines et que notre brave toutou, n’agit qu’en fonction de réflexes ancestraux de survie.

Ainsi, la hiérarchie est un système, une représentation mentale propre aux humains qui se traduit par la capacité de schématiser la place de chacun, son rang et avoir conscience de soi, pour se comparer aux autres. Pensez à votre place au sein de votre famille, de votre travail, dans la société… Le chien en est incapable. Alors que la dominance est la manifestation concrète de la supériorité d’un animal sur un autre animal ou sur l’homme. Le dominé reconnaît le dominant comme supérieur à lui, il passera donc après et ne prendra aucune initiative sans l’assentiment du dominant..

Le loup vit en meute qui ne fonctionne que si une hiérarchie y est instaurée. La meute tire sa force et donc sa survie, du groupe. Les loups chassent ensemble, sortent ensemble, dorment ensemble… et si la socialisation d’un jeune est ratée, il est exclu du groupe et condamné à vivre seul, puisque les loups étrangers à la meute, ne sont pas acceptés.

Le chien, fruit de croisements entre plusieurs espèces, n’est pas un animal de meute, mais participe à un groupe familial et social. Avez-vous remarqué, si vous avez plusieurs chiens, que l’endroit où ils dorment est interchangeable et que lâchés, ils peuvent vaquer chacun de leur côté? Mais quand, plusieurs chiens ont levé un gibier et le pourchassent de conserve, ils agissent en meute.

Les chiens vivent dans le respect de chacun, en fonction de règles inhérentes à leur espèce et adaptent leurs comportements, dans le seul but d’éviter les conflits. C’est un compromis de tous les instants, car le chien est opportuniste et sa survie dépend de l’espace, de l’alimentation, de la sécurité. D’où les signaux d’apaisement et de dominance qui sont, à travers le langage corporel, des informations sur leurs propres limites. Mais, contrairement à la meute de loups, ce qui est vital pour un chien (nourriture, panier, jeu…), peut n’avoir aucune importance pour un autre. La stabilité du groupe s’établira, si les membres le composant respectent ce postulat de base. Lorsque ce n’est pas le cas, l’équilibre est rompu et il y a risque de dominance.

La base de toute stabilité est le langage corporel, car par nature, un chien prévient un congénère qu’il empiète sur son espace vital, si l’intrus persiste, des grognements sont échangés, le message est clair, l’écart entre les chiens est restauré. Vous avez tous remarqué comment se comportaient des chiens partageant un jeu. Lancez le jouet, l’un se précipite, mais regarde du coin de l’œil l’attitude de ses camarades de jeu. Si un copain a l’air menaçant, le premier lui laissera la place ou ne s’emparera du jouet qu’avec la bénédiction du second. Au bout de quelques lancés, les rôles sont distribués et le risque de conflit, limité.

En jouant, les chiens partagent l’espace en tenant compte du périmètre de sécurité de chacun, espace nécessaire, inhérent à chaque chien pour qu’il ne se sente pas menacé. Chacun signale son état d’esprit à ses congénères et les prévient de tout débordement, le plus souvent par une attitude ou des grognements expressifs.

Attention, lorsque des chiens jouent ensemble, un chiot pourrait être durablement traumatisé si un autre chien ne respectant pas cette règle, l’attaquait. De même, plusieurs chiens vivant sous un même toit repèreront très rapidement les préférences de chacun, notamment la place occupée ou la préséance, quant à la distribution des gamelles ou la possession d’un jouet. Cette capacité est garante de bonnes relations et de socialisation.

Tout ce que fait un chien est dicté par l’éducation qu’il a eu, chiot, de sa mère et de l’expérience qu’il acquiert, en grandissant, en côtoyant d’autres chiens. Le gros souci qui compromet la socialisation, est lorsque le chien n’a pas les codes sociaux permettant à chaque individu de comprendre instantanément, le comportement de tout congénère rencontré. C’est le cas pour les chiots retirés prématurément à leur mère, avant 8 à 9 semaines ou dont la mère n’a pu remplir son rôle pédagogique et protecteur.

Gardons à l’esprit que la période de socialisation du chiot, s’étend environ de 3 semaines à 3 mois et que, à partir de 7 semaines, les expériences doivent être positives, pour que la socialisation soit réussie.

Un chiot arrive chez vous à l’âge de 2 mois, vous l’élevez en tant qu’humain, de façon à ce que votre vie commune, soit le plus agréable possible, surtout pour vous. Titan grandit, devient un beau mâle de 6-7 mois, non castré car vous n’aimeriez pas que l’on touche à sa (votre?) virilité

Mais comme vous appréhendez les conflits entre chiens, vous évitez les rencontres, tout contact. Or, l’hypostimulation provoque chez le chiot, des réactions de peur à chaque stimulus perçu comme menaçant. Ne sachant interpréter les informations visuelles, auditives, olfactives et phéromonales, il peinera à communiquer et mettre en place les rituels communs à son espèce. Et si un chiot, puis l’adulte qu’il devient a un comportement inadapté, ses congénères commenceront par grogner, le poil hérissé, puis n’hésiteront pas à punir l’importun. Si, cela ne se passe pas ainsi, « l’agressif » se sentira tout puissant et n’aura aucune raison de maitriser ses pulsions. Les chiens développant ce genre de trouble, ne sont pas dominants, car pas naturellement respectés dans le groupe. Ils sont, en fait, anxieux et mal socialisés. De même, un chien dominant n’est pas agressif, sinon il agirait spontanément, brusquement et toujours sans prévenir.

Observez un groupe de chiens, la dominance ou la soumission est ponctuelle, en fonction de la situation. Ce sont des postures de menace ou d’apaisement permettant la communication et préservant la stabilité du groupe.

Il en est de même avec vous. Votre chien monte sur le canapé, il grogne quand vous vous approchez de son écuelle, il passe les portes devant vous…

Comment réagissez-vous ? Merci de nous le faire savoir, vos réponses et commentaires feront l’objet d’un prochain article.

Elisabeth Chanal Club Canin Romorantin


1 Comment

  1. Dufranne sylvie on Reply

    chez moi actuellement il y a trois chiennes par ordre d arrivée cocker malinois et une petite chienne mélange de plusieurs race je ne saurai vous dire pas grave.elles ont chacune leur place elle peuvent manger toutes les trois dans la meme gamelle sa ne pose aucun probleme que se soit moi mon mari ou mes enfants nous pouvons mettre la main dans la gamelle il n y a jamais eu aucun grognement et pourtant il pourrai y avoir des conflits puisque la malinois et en total liberté dans notre terrain et ne rentre jamais dans la maison et les deux autres vive pratiquement en permanence dans la maison il n y a aucun signe de jalousie.chez nous nous avons toujours eu au moins trois chien, avant la malinois et la petite on avait une chienne berger allemand et une chienne boxer avec la cocker tout c est toujours bien passé et avant la cocker on avait une chienne epagneul breton avec la boxer et la berger toujours impeccable chacun .sa place et il n y a pas de soucis .je tiens a préciser que toutes mes chiennes sont partie de vieillesse . je ne pourrai pas vivre sans mes amours de bestioles tout sa pour dire que chacun respect l autre et qu elles ont toujours fonctionné qu a la voix jamais de brutalité sa ne sert a rien

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