L’HISTOIRE DE JESSIE

 

UNE HISTOIRE (DE) BETE A PLEURER

Un samedi après-midi, l’appel téléphonique d’un inconnu signalant la présence sur une route de Billy (Loir et Cher) d’une chienne cadavérique. Deux personnes sensibilisées, un peu sceptiques, se déplacent sur le lieu indiqué, une ferme plus ou moins à l’abandon, jonchée de détritus et ferrailles divers et peuplée d’un nombre impressionnant d’animaux, poneys, chevaux, âne, cochons et 8 chiens et chiots faméliques, infestés de vers dont le redoutable Tænia et galeux. Mais la chienne n’y était pas.

Le maître des lieux s’étant décidé à se montrer, une discussion fut engagée qui se révéla longue, longue et pénible. Ce « brave » homme se justifia de l’état pitoyable de ses animaux, en argumentant que du temps de ses aïeuls, les bêtes se débrouillaient bien toutes seules et qu’il détenait un remède souverain contre les parasites : de l’huile et du souffre. Nous étions accablés, mais ce n’était que balivernes eu égard à ce qui allait suivre.

Arriva de la route, une «entité» vacillante, dépoilée, couverte de croûtes, malodorante, quasiment fossilisée, qui avait dû, il y a bien longtemps, être un chien de chasse. Un faible battement de queue répondit à ma caresse sur sa tête ulcérée. Cette pitoyable bête appartient à une dame hospitalisée l’an dernier et confiée « aux bons soins » de ce voisin dévoué. Jessie, se trainant, retournait chaque jour dans son ancienne maison, pour attendre sa maîtresse probablement et le soir, revenait à la ferme partager gîte (?) et couvert( ??), ce dont je doute puisque les chiens, plus valides qu’elle, devaient se ruer sur leur pitance.

Heureusement pour elle, se trouvant sur la voie publique et n’appartenant pas à cet individu, Jessie a pu être emmenée chez le vétérinaire. On lui donnait 15 ans, elle n’en a que 12, un bon cœur et, ne méritant pas de finir sa vie ainsi, ne fût pas euthanasiée.

Une question et une idée : La situation de ces animaux et de leur détenteur, est connue de tous au village. 9 chiens lui ont été retirés l’an passé et le maire, interpellé à ce sujet. Quelles mesures prophylactiques, pour prévenir l’apparition et le développement de maladies contagieuses, surtout concernant les cochons, ont-elles été mises en place par la Mairie ?

Quant à l’idée, utopique certainement, peut-on créer un lieu d’accueil temporaire pour les animaux de personnes, surtout âgées, hospitalisées ? De savoir leur compagnon pris en charge correctement, ne pourrait que les aider à supporter la séparation, l’éloignement de leur domicile et donner un sens à leur vie en se projetant dans l’avenir.

Billy est un charmant petit village de Sologne, je vous recommande son église du XIème siècle et plus précisément son caquetoire, lieu de rassemblement des paroissiens avant et après l’office, où les commérages allaient bon train. Y parlera-t-on de Jessy ?

P S : Un grand bravo pour la réactivité des participants à ce réseau improvisé et notamment à la SPA de Sassay qui a récupéré les 8 chiens, dès le lundi.

Un énorme haro sur tous ceux qui savaient et qui ont détourné le regard. Qu’ils se rappellent que s’occuper de petites causes, c’est intervenir dans de grandes.

Jessie s’est éteinte ce matin. Je l’ai retrouvée lovée dans son panier confortable, sereine, après 5 jours dans un monde enfin bienveillant.

RAPPEL A LA LOI :

Concernant le détenteur d’un animal :

Art 521-1 du code pénal et R654-1… la loi punit les auteurs de sévices envers les animaux domestiques et, dans notre cas, concernant les mauvais traitements (privation de nourriture, absence de soins). Il s’agit d’une contravention jugée par la Juridiction de Proximité- 750 euros d’amende au plus.

Du fait de la divagation du chien sur la voie publique, la responsabilité pénale est engagée.

En application de l’article L212-10 du code rural, l’identification des chiens est obligatoire pour tous les chiens vendus ou cédés à titre gratuit. Le non-respect est sanctionné par une amende de quatrième classe.

Concernant la Mairie :

Le Maire a des pouvoirs de police administrative ( article L 211-11 de Code Rural), il peut mettre en demeure le propriétaire de l’animal de le mettre dans de  bonnes conditions de détention, dans un délai déterminé, sous peine de saisie de l’animal. Il peut aussi en cas d’urgence, sans délai, autoriser la capture de l’animal maltraité.

Il semblerait que la Mairie de Billy ait informé, à plusieurs reprises, la Direction des Services Vétérinaires des conditions misérables de détention de ces animaux. Ils seraient même intervenus et… rien. Où est l’horreur ? Pardon, cela on le sait, je voulais dire, l’erreur !

E C


6 Comments

  1. C’est totalement révoltant que de nos jours existent encore de sombres histoires comme celle là!!! on dirait que dans les petits villages, ça n’a pas évolué depuis les années 50, les gens font ce qu’ils veulent et personne ne bouge!! Intolérable que cette pauvre chienne n’ait pas survécu!

  2. LUBIN Myriam on Reply

    Des pleurs brûlants pour Jessy qui a eu certainement la force absolue et un espoir infini d’attendre de vrais humains pour connaître ne serait-ce que quelques heures, l’amour et la sérénité de partir en paix ….et donner une leçon à l’humain : refaire confiance malgré l’horreur subie. Honte à celui qui a fait subir. Honte à ceux qui ont su et qui n’ont rien fait. Que de là où elle est, Jessie reprenne des forces et puisse avec tous les autres loulous qui ont subi l’enfer, revenir d’une façon ou d’une autre insuffler l’amour sur la terre entière afin que la barbarie envers les animaux cesse.. Jessie, avec tant d’autres, tu es l’icône qui donnera la force et le courage à ceux qui quelquefois baissent les bras de voir tant d’horreur, de se relever et de se battre pour vous. AU NOM de TOUS les ANIMAUX. MERCI SASSAY – MERCI aux personnes qui ont agi et ont écrit avec une plume exemplaire.

  3. CHATS DU GHETTO D'ICI ET D'AILLEURS on Reply

    C’est d’une tristesse infinie … sois heureuse au paradis des petites misères Jessie.
    Celui qui ne dis rien est complice du maltraitant … il faut parler et ne pas avoir peur de le faire !
    Merci d’avoir été la pour elle et ses petits

  4. Je ne vois rien
    Je ne dis rien
    Je n’entends rien ..
    Certains appliquent a l’extrême cette maxime, c’est pitoyable et lâche !!

  5. je suis dégoûtée!!! comment ignorer cette maltraitance, les personnes capables de faire ça, ne sont sont que des déchets de l humanité et ceux qui ont fermé les yeux devant cette atrocité ne valent pas mieux, j’ai vu cette petite chienne chez la personne qui l’a recueilli, j’ai pleuré devant sa maigreur et son épuisement, qu’elle repose en paix,
    je suis admirative du courage des personnes qui ce sont occupées de ces petits êtres sans défenses, la plupart des bénévoles, j ‘espère de tout cœur que la mort de cette petite chienne pourra servir à mobiliser les personnes pour dénoncer les actes de cruauté envers nos amis les animaux.

  6. Dénoncer est un devoir et ceux qui passent outre ne valent pas mieux que les acteurs , çà s’appelle de la complicité
    Je suis anéantie par l’histoire de Jessie , pauvre petite misère victime d’une enflure pourrie issue d’un autre monde qui n’a rien d »humain , d’une époque révolue et de la France profonde bien terroir où l’animal n’a toujours pas sa place.. et je sais de quoi je parle puisque je suis tout près de Billy où ce véritable drame s’est déroulé
    Je vais faire tourner l’histoire de Jessie… il faut que tout le monde sache que çà existe encore en France
    Mobilisons nous pour elle…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *