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« Mon chien est dominant, pourtant c’est moi le chef de famille, il doit m’obéir! »

Oui, mais non. Le sens du devoir n’existe pas dans les gênes du chien, toutes ses actions sont subordonnées au bénéfice qu’il en tirera, friandises, caresses, félicitations, promenades…

La confusion vient de ce que l’on interprète le comportement du chien, à travers nos références humaines et que notre brave toutou, n’agit qu’en fonction de réflexes ancestraux de survie.

Ainsi, la hiérarchie est un système, une représentation mentale propre aux humains qui se traduit par la capacité de schématiser la place de chacun, son rang et avoir conscience de soi, pour se comparer aux autres. Pensez à votre place au sein de votre famille, de votre travail, dans la société… Le chien en est incapable. Alors que la dominance est la manifestation concrète de la supériorité d’un animal sur un autre animal ou sur l’homme. Le dominé reconnaît le dominant comme supérieur à lui, il passera donc après et ne prendra aucune initiative sans l’assentiment du dominant..

Le loup vit en meute qui ne fonctionne que si une hiérarchie y est instaurée. La meute tire sa force et donc sa survie, du groupe. Les loups chassent ensemble, sortent ensemble, dorment ensemble… et si la socialisation d’un jeune est ratée, il est exclu du groupe et condamné à vivre seul, puisque les loups étrangers à la meute, ne sont pas acceptés.

Le chien, fruit de croisements entre plusieurs espèces, n’est pas un animal de meute, mais participe à un groupe familial et social. Avez-vous remarqué, si vous avez plusieurs chiens, que l’endroit où ils dorment est interchangeable et que lâchés, ils peuvent vaquer chacun de leur côté? Mais quand, plusieurs chiens ont levé un gibier et le pourchassent de conserve, ils agissent en meute.

Les chiens vivent dans le respect de chacun, en fonction de règles inhérentes à leur espèce et adaptent leurs comportements, dans le seul but d’éviter les conflits. C’est un compromis de tous les instants, car le chien est opportuniste et sa survie dépend de l’espace, de l’alimentation, de la sécurité. D’où les signaux d’apaisement et de dominance qui sont, à travers le langage corporel, des informations sur leurs propres limites. Mais, contrairement à la meute de loups, ce qui est vital pour un chien (nourriture, panier, jeu…), peut n’avoir aucune importance pour un autre. La stabilité du groupe s’établira, si les membres le composant respectent ce postulat de base. Lorsque ce n’est pas le cas, l’équilibre est rompu et il y a risque de dominance.

La base de toute stabilité est le langage corporel, car par nature, un chien prévient un congénère qu’il empiète sur son espace vital, si l’intrus persiste, des grognements sont échangés, le message est clair, l’écart entre les chiens est restauré. Vous avez tous remarqué comment se comportaient des chiens partageant un jeu. Lancez le jouet, l’un se précipite, mais regarde du coin de l’œil l’attitude de ses camarades de jeu. Si un copain a l’air menaçant, le premier lui laissera la place ou ne s’emparera du jouet qu’avec la bénédiction du second. Au bout de quelques lancés, les rôles sont distribués et le risque de conflit, limité.

En jouant, les chiens partagent l’espace en tenant compte du périmètre de sécurité de chacun, espace nécessaire, inhérent à chaque chien pour qu’il ne se sente pas menacé. Chacun signale son état d’esprit à ses congénères et les prévient de tout débordement, le plus souvent par une attitude ou des grognements expressifs.

Attention, lorsque des chiens jouent ensemble, un chiot pourrait être durablement traumatisé si un autre chien ne respectant pas cette règle, l’attaquait. De même, plusieurs chiens vivant sous un même toit repèreront très rapidement les préférences de chacun, notamment la place occupée ou la préséance, quant à la distribution des gamelles ou la possession d’un jouet. Cette capacité est garante de bonnes relations et de socialisation.

Tout ce que fait un chien est dicté par l’éducation qu’il a eu, chiot, de sa mère et de l’expérience qu’il acquiert, en grandissant, en côtoyant d’autres chiens. Le gros souci qui compromet la socialisation, est lorsque le chien n’a pas les codes sociaux permettant à chaque individu de comprendre instantanément, le comportement de tout congénère rencontré. C’est le cas pour les chiots retirés prématurément à leur mère, avant 8 à 9 semaines ou dont la mère n’a pu remplir son rôle pédagogique et protecteur.

Gardons à l’esprit que la période de socialisation du chiot, s’étend environ de 3 semaines à 3 mois et que, à partir de 7 semaines, les expériences doivent être positives, pour que la socialisation soit réussie.

Un chiot arrive chez vous à l’âge de 2 mois, vous l’élevez en tant qu’humain, de façon à ce que votre vie commune, soit le plus agréable possible, surtout pour vous. Titan grandit, devient un beau mâle de 6-7 mois, non castré car vous n’aimeriez pas que l’on touche à sa (votre?) virilité

Mais comme vous appréhendez les conflits entre chiens, vous évitez les rencontres, tout contact. Or, l’hypostimulation provoque chez le chiot, des réactions de peur à chaque stimulus perçu comme menaçant. Ne sachant interpréter les informations visuelles, auditives, olfactives et phéromonales, il peinera à communiquer et mettre en place les rituels communs à son espèce. Et si un chiot, puis l’adulte qu’il devient a un comportement inadapté, ses congénères commenceront par grogner, le poil hérissé, puis n’hésiteront pas à punir l’importun. Si, cela ne se passe pas ainsi, « l’agressif » se sentira tout puissant et n’aura aucune raison de maitriser ses pulsions. Les chiens développant ce genre de trouble, ne sont pas dominants, car pas naturellement respectés dans le groupe. Ils sont, en fait, anxieux et mal socialisés. De même, un chien dominant n’est pas agressif, sinon il agirait spontanément, brusquement et toujours sans prévenir.

Observez un groupe de chiens, la dominance ou la soumission est ponctuelle, en fonction de la situation. Ce sont des postures de menace ou d’apaisement permettant la communication et préservant la stabilité du groupe.

Il en est de même avec vous. Votre chien monte sur le canapé, il grogne quand vous vous approchez de son écuelle, il passe les portes devant vous…

Comment réagissez-vous ? Merci de nous le faire savoir, vos réponses et commentaires feront l’objet d’un prochain article.

Elisabeth Chanal Club Canin Romorantin


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Je l’ai rencontré par 3 fois, déjà et je ne parle que des chiens d’exception, de ceux que l’on n’oublie pas, fussent-ils partis depuis bien longtemps, de ceux qui demeurent dans un coin de votre tête, prêts à ressurgir sans crier gare.

Il s’agit de 3 chiennes, dont le point commun est d’être individualiste, davantage préoccupées à complaire au maitre humain des lieux, qu’à se mêler à leurs congénères.

Tess

Tess

 

La première, Tess, une croisée Labrador par sa grand-mère, Bobtail par sa mère et Boxer, du côté de son père. Un joyeux mélange qui prit le meilleur de chacun. Un chiot, particulièrement équilibré, élevé par une mère attentionnée et ferme. Tess ne savait quoi faire pour nous plaire, une formidable compagne de jeu pour ma fille, obéissante et à l’écoute. J’y repense le cœur serré.

 

Rêve

Rêve

 

 

 

La seconde fût Rêve que j’ai eu l’honneur d’accueillir en famille d’accueil. Elle est arrivée un lundi soir, au bout du rouleau et me suivait en liberté, dès le mardi matin, au genou et sa fidélité n’a pas failli durant l’année vécue ensemble. A cette évocation, la larme à l’œil n’est jamais loin.

Chelsea et ses copains

Chelsea et ses copains

La troisième et je l’espère, pas la dernière est, contre toute attente, Chelsea, arrivée il y a 1 mois. Mon petit tonneau noir a entrepris un programme de musculation, coachée par les copains qu’elle s’échine à suivre ventre à terre (ce n’est pas une image), les résultats ne se sont pas faits attendre. Chelsea ne souffle plus au moindre effort et est partante, quelle que soit l’activité proposée. Une adaptation immédiate aux coutumes locales, une compréhension intuitive de la place de chacun et surtout une bonne humeur affectueuse, ont fait qu’elle a tout de suite été acceptée par tous les animaux vivant sous ce toit.

Aux pommes, ce petit boudin noir!

Bien sûr, les inconvénients de l’âge existent, des aménagements sont à prévoir et la serpillère à portée de main. Qu’importe, tant que je devrai m’en occuper, c’est qu’elle sera là.

E C

 


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Certaines personnes acquièrent un chien, avec une idée bien arrêtée, en voici quelques exemples parmi tant d’autres:

– Retrouver le chien exceptionnel qu’elles viennent de perdre ou qui a enchanté leur enfance:

C’était le chien parfait, soupireront ils nostalgiques, certainement, sauf que nous ne gardons que les bons souvenirs et que ce sont les adultes qui l’ont éduqué. La ressemblance physique est acquise, le reste suivra! Et non, bien rarement et le propriétaire de noter chaque méfait qui éloigne le nouveau de l’ancien idéalisé. La désillusion est si grande que, maintes fois, le chien est cédé ou retrouve son boxe au refuge.

Le cas auquel je fais allusion est celui d’une dame qui, ayant choisi sur photo d’un site d’annonces locales, le portrait craché du Berger Allemand compagnon de jeux de son adolescence, s’est retrouvé avec, au bout de la laisse, un balèze, non éduqué et plutôt agressif. Agée de 70 ans. Brutus lui avait, de surcroit, déboité l’épaule. Direction SPA.

– Prendre un chien dans un but précis:

Récemment, nous avons eu le cas d’un cavalier qui rêvait de chevaucher son destrier, le brave Médor galopant à ses côtés. Las, à la première ballade, le chien part chasser de son côté, ne prêtant aucune intention à son maître qui s’égosillait à l’appeler.

Retour à la case-départ, le refuge.

– Le phantasme du chien idéal, livré clef en main:

Il s’agit d’un chien d’un certain âge, adopté et retrouvé attaché dès le lendemain, au portail de la SPA. Le motif, découvert bien plus tard, était 3 pipis la première nuit! Ce chien et combien d’autres, s’était retrouvé en appartement après plusieurs années en refuge où, bien sûr, les besoins se font à l’intérieur du boxe. Laissez-lui le temps de se réhabituer aux promenades, félicitez-le exagérément dès qu’il s’y soulage, au bout de 2 ou 3 jours, en général, le problème est résolu.

Un autre, n’était pas assez câlin, il avait vécu, des années, isolé dans un garage, ou encore ce chien de chasse, dont le crime était d’avoir constamment le nez par terre, en promenade.

Dernier cas, parmi ce triste florilège, très récent et, pardonnez-moi, qui me touche personnellement. Une adoption trop rapide où je n’ai pas assez creusé les attentes de l’adoptante. Je lui avais expliqué que, après 1 ou 2 mois parmi mon groupe de chien, Milou tolérait le chat de la maison, avait un excellent rappel, ne fuguait pas, mais avait tendance à chaparder ce qui se mangeait sur la table, dès que l’on tournait le dos.

A part aimer la voiture et déborder d’affection, Milou ne trouva pas grâce, à ses yeux.

– Arrivée à destination, la dame laissa Milou en liberté et il fila sans demander son reste:

Donc, il fugue ! Quelle idée de lâcher un animal dans un environnement inconnu et sans lui avoir laissé le temps d’y trouver des repères.

– Milou, rattrapé, entra à la maison et… il coursa le chat.

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Contrairement aux miens, son chat ne connaissant pas les chiens, s’est enfui et Milou, prédateur comme la plupart de ses congénères, l’a poursuivi. Une période d’adaptation de l’un et de l’autre, n’aurait pas été superflue.

– Dès le premier soir, Milou est monté sur le canapé pour dormir: horreur, malheur et décidément irrécupérable.

Milou est très réceptif au « non », si tant est que ce dernier soit ferme et sans appel, il s’engouffrera dans la moindre faille, car pour un chien, tout ce qui n’est pas interdit, est autorisé. Un vieux fauteuil l’aurait comblé.

J’avais prévenu cette personne que Milou risquait de se servir sur la table, sitôt le dos tourné. Même pas vrai, il ne touchait à rien. Super, car ici la concurrence est impitoyable et c’est au premier qui s’emparera du croûton de pain oublié. Question de survie ancestrale.

Et autres reproches du même tonneau. Mon Milou était définitivement recalé, alors qu’avec un minimum de bon sens et de tolérance, pour lui laisser le temps de s’adapter à un nouvel environnement et aux mœurs locales, cette adoptante, trop impatiente, aurait gagné pour de longues années, un compagnon aussi fidèle qu’affectueux.

Alors, pour ceux qui estiment que même un Tamagotchi (animal virtuel des années 2000) est contraignant, qu’ils prennent une peluche, il y en a qui ronronnent.

Elisabeth Chanal


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minus

Un cas somme toute banal.

Blotti dans une couette moelleuse, j’ai vaguement l’impression d’avoir déjà connu cela: Une odeur de sapin de Noël, des cris joyeux d’enfants et moi, en paquet-cadeau, un gros nœud autour du cou qui sera remplacé, quelques années plus tard, par une méchante chaîne. J’avais 2 mois et passais de bras en bras, de coussin en coussin, chouchouté, dorloté, un peu trop parfois. Les enfants ont grandi, moi plus vite qu’eux et la peluche n’amusait plus. Ils m’ont mis d’abord dans le garage et, quelques années plus tard, tout au fond de la cour, dans une remise ouverte aux quatre vents, d’où j’entendais les bruits de la maison. Je les voyais presque tous les jours, quand ils pensaient à venir me donner à manger. J’y avais chaud, j’y avais froid, j’y étais tout mouillé, mais toujours là. « Il est increvable, ce chien » disaient-ils, déjà 16 ans.

Dès qu’il faisait chaud, les mouches me dévoraient les oreilles et cet été, elles m’ont tellement piqué au sang, qu’il ne me restait que deux moignons sanguinolents. C’est finalement grâce à ces sales bestioles, que mon destin a basculé: une enquêtrice est passée, polie mais pas contente du tout et m’a placé chez elle. J’y ai rejoint la bande « des seniors de Sassay », le vieil Ugo, toujours grognon et les deux derniers, Bambou et Corty, qui cavalent toute la journée, comme des fous. Il y a plein de laissés-pour-compte qui vaquent à leurs affaires. Elle m’a donné un vieux panier, bien confortable, dans lequel je me planque, quand cela bouge trop. Et puis elle, qui a des mains qui ne frappent pas, mais soignent ou caressent, une voix qui ne hurle pas, mais rassure, sauf quand elle chante à tue-tête, alors sauve-qui-peut, oreilles couchées, queue entre les pattes, tous aux abris ! Les plus fayots hurlent à la mort, pour l’accompagner et quand on rentre de promenade, après s’être baignés, elle nous traite de chiens sales, jamais de sales chiens. La balade, c’est surtout ses pieds qui me guident, seule vision que j’ai, du ras du sol où je suis, des pieds qui ne tapent pas, mais m’évitent et qui sentent… la bonne odeur de la campagne, dont j’étais depuis si longtemps privé.

Voilà une histoire qui se terminera bien pour ce petit bonhomme. Qu’en est-il de tous ces chiots-cadeaux, dont le seul tort est de ne pas rester toute leur vie, une peluche ?

E C


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chien aboie

« Il a tout ». En effet, pour compenser ces longs mois derrière les barreaux d’un refuge, vous l’avez câliné, donné des friandises à gogo, un dodo confortable… mais dès que vous vous absentez, l’ingrat détruit, aboie, s’oublie. La destruction, les aboiements intempestifs, la malpropreté sont autant de comportements qui vous empoisonnent la vie. Pourtant, la plupart sont dus à une interprétation erronée des besoins de votre chien.

Votre représentation du bonheur diffère quelque peu de celle d’un chien, animal de meute, aux besoins propres à son espèce et à sa survie (voir ci-dessous).

Facile à dire, mais que faire face à ces comportements gênants ?

  1. Identifier le problème : Ennui, anxiété de séparation, insécurité et leurs manifestations

  2. Modifier les conditions de vie de votre chien

L’anxiété se traduit par des accès émotionnels envahissants qui démobilisent l’animal dans ses apprentissages. Elle peut être intermittente ou permanente et s’exprimer physiologiquement par des troubles digestifs (bâillements, ballonnements…) réponses aléatoires à des ordres acquis, humeur variable… Signes aisément repérables puisque personne ne connait mieux votre chien que vous.

Les chiens extériorisent leur mal-être à travers des comportements importuns :

– Aboiements : Votre chien exprime ainsi sa peur d’être seul. Il est programmé génétiquement pour vivre en groupe. Vous pouvez lui laisser un bruit de fond (radio), lui donner un jouet, un os à mâcher ou le mettre dans un endroit contenant et sécurisant pour lui, petite pièce, cage de transport… Le collier anti-aboiement, les calmants ou l’enfermement ne régleront que vos relations de voisinage, pas le problème de fond.

– Destruction : Si mâchouiller est un comportement canin normal, détruire relève de l’occupationnel et est un signe d’ennui. Le bon sens est de placer, hors de sa portée, les objets auxquels vous tenez et de lui en mettre d’autres qui ne craignent rien, à sa disposition.

– Malpropreté : C’est la manière dont les chiens se signalent à leurs congénères, même tout seul chez vous. Sortez-le assez souvent pour qu’il communique ses informations à l’extérieur, faites-le rencontrer d’autres chiens, faire du sport et pensez à la stérilisation, avant la maturité sexuelle. Et, quel que soit son âge, félicitez le outrancièrement, lorsqu’il fait ses besoins dehors.

Si votre chien a impérativement besoin d’activités, de socialisation, de stimulation de ses fonctions cognitives : mémoire, réactivité, stratégies, apprentissages… (pensez à l’agility, aux randonnées avec d’autres chiens…) il apprécie également le calme et le repos.

Les besoins fondamentaux d’un chien sont : se nourrir, se reproduire, être en sécurité, pouvoir fuir, chasser, garder, pister… Tous les chiens le font, du Yorkshire au Léonberg, même si en fonction de la race, leur aptitude les a spécialisés.

La promenade est un excellent dérivatif, surtout si vous rencontrez des congénères et lui laisser le temps de sentir (vaccins indispensables), de marquer son passage…

Si votre chien aime jouer à la balle, au frisbee, il assouvira son instinct de chasse (prédation) en poursuivant et rapportant l’objet.

Assurez-vous, avant de partir, que votre chien s’est soulagé, n’a pas faim et qu’il est bien dans son couchage, il se sentira en sécurité et plus enclin à se reposer.

Vous pouvez également associer à votre départ, un rituel, toujours le même, comme une phrase courte, un objet, un son…

Augmentez votre temps d’absence progressivement, 5 minutes, puis 10… et faites de faux-départs, de façon à ce que votre chien comprenne que vous reviendrez. A votre retour, récompensez-le généreusement s’il n’a pas fait de dégâts et dans le cas contraire, ignorez son comportement et recommencez l’apprentissage.

Et vous, quelles sont vos astuces ?

E C


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Une petite rue de Romorantin, jadis paisible et depuis plus d’un mois, des jappements jour et nuit, lancinants, parviennent aux oreilles des voisins, insomniaques depuis lors. Une jeune chienne est détenue (au sens de prisonnière) dans ce qui devait, autrefois, être une courette et aujourd’hui, une benne à ordures. Diogène, sors de ce corps !

Ce brave homme qui refusait toute convention sociale, afin d’accéder à une totale liberté matérielle et mentale, récidivait à l’étage.

Sauf que Diogène, dans sa folie, vivait seul dans son tonneau et que là, en sus de cette chienne, survivait, au milieu de détritus malodorants, un chiot, une dizaine de chats ou chatons et des NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie). Sonores ou olfactives, les nuisances ont été dénoncées à la gendarmerie et des enquêteurs de la SPA se sont présentés au domicile et refoulés vertement.. Alors, si on le savait, que n’a-t-on pas agi ? Éructerez-vous à juste titre. On le fit, ce nous semble frileusement. « On » a constaté que la cour était jonchée d’immondices, itou pour l’intérieur et dénombré un nombre impressionnant d’animaux. La Direction des Services Vétérinaires (DSV) a-t-elle été informée de cette sordide situation ? Il fût, dit-on, benoîtement répondu à un plaignant qui leur posait la question, que les animaux n’étaient pas mourants. Bien sûr, puisqu’ils geignent et bougent. Et bien si, c’est ainsi qu’on les a découverts, après plusieurs jours sans boire ni manger.

Sans nouvelles de la locataire, les pompiers sont entrés. Spectacle tsunamique, désolant. Le chiot est très mal en point, déshydraté, n’ayant plus la force de boire ni de manger et infesté de puces, comme les chatons, leurs yeux paraissant immenses, tant leur tête est amaigrie et la chienne, esquintée qui se traine sur 3 pattes.

Très réactive, quoique surchargée d’animaux trouvés, abandonnés ou retirés pour cause de maltraitance, la SPA  de Sassay est venue chercher les captifs. Il n’était que temps, 24h de plus et c’était le croque-mort qui se déplaçait. Quant à la geôlière, inconsciente de sa responsabilité dans l’affaire, elle voue aux gémonies la terre entière et, en particulier, les associations de protection des animaux.

Question : La loi a changé récemment le statut des animaux. Ne peut-il être prévu que si la situation de maltraitance, dénoncée par des particuliers et relayée par des associations, est avérée, la Gendarmerie puisse intervenir et pénétrer dans les logements, sans attendre l’autorisation d’un Procureur, pas toujours joignable promptement ?

 

E C

 

Obligations d’un propriétaire envers un animal domestique :

 

Alimentation

Le propriétaire d’un animal de compagnie doit mettre à sa disposition :

  • de la nourriture équilibrée et en quantité suffisante pour le maintenir en bonne santé,
  • de l’eau fraîche renouvelée et protégée du gel dans un récipient maintenu propre.

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Un animal de compagnie ne doit pas être enfermé dans un local, dans des conditions incompatibles avec ses nécessités physiologiques.

Sanctions

 

Mauvais traitements

Le propriétaire d’un animal qui ne respecte pas ses obligations (absence de soins, conditions de détention inadaptées, privation de nourriture, etc.) est puni de 750 € d’amende.

Abandon, sévices graves et actes de cruauté

Le propriétaire qui abandonne son animal peut être puni de 2 ans de prison et 30 000 € d’amende.

Le juge peut prononcer, à titre complémentaire, l’interdiction définitive ou provisoire de détenir un animal.

Les mêmes peines s’appliquent en cas de sévices graves ou actes de cruauté envers un animal.

Personnes à contacter

En cas de maltraitance animale, il faut contacter :

  • les autorités (gendarmerie, police, services de la préfecture, etc.),
  • les services vétérinaires de la Direction départementale de protection des populations,
  • une association de protection animale.

N’hésitez pas à porter plainte à la Gendarmerie, avec un dossier contenant des témoignages (imprimés CERFA 11527-02 Attestation sur l’honneur), des photos, des vidéos… et surtout, parlez-en autour de vous.


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De mieux en mieux ou, au choix, pas joli, joli.

Un appel désespéré à la SPA de Sassay, en cette belle matinée d’été de la mi-juillet. Surchargée d’animaux trouvés, abandonnés ou retirés pour cause de maltraitance, la SPA renvoie la créature éplorée, vers une petite structure d’accueil temporaire (voir histoire de Jessie). Chassée du domicile conjugal avec chiens et enfants, la pauvrette débarque accompagnée de deux croisés Labradors, extrêmement maigres. Aucune explication à cet état. De toute façon, les chiens identifiés, vaccinés, vermifugés, sont suivis par le vétérinaire.

Essuyez cette larme perlant au coin de votre œil compatissant, cette triste histoire n’est que sornette. Enquête faite, si cette dame a quitté son foyer, les enfants y sont restés, si les chiens ne sont pas en état, ce n’était pas sa priorité, pas de carnet, pas de vaccins, pas d’argent, pas grand intérêt. Il était tard, les chiens sont restés, Madame repartie et n’a plus donné de nouvelle.

Après des dizaines d’appels téléphoniques, de sms, de mails, de témoignages qui ont décrit une personne infantile et instable, incapable de se responsabiliser et de veiller au bien-être de ceux dont elle a la charge, les chiens ont été enregistrés à la fourrière de la SPA 41.

Art L211-25 et 211-26 du code rural, « A l’issue d’un délai franc de garde de huit jours ouvrés, si l’animal n’a pas été réclamé par son propriétaire, il est considéré comme abandonné et devient la propriété du gestionnaire de la fourrière ». Celui-ci peut garder les animaux dans la limite de la capacité d’accueil, si ce n’est pas possible, comme en ce moment, le vétérinaire peut procéder à leur euthanasie.

Ils ne le seront pas, ce n’est pas la politique de la maison, mais c’est là que vous intervenez. Il s’agit de deux braves toutous de 8 et 9 ans, qui seront castrés avant adoption, alertes et sociables avec les autres animaux (chiens, poules, chats, chevaux, chèvres). Ils répondent aux ordres, dont le rappel en liberté et sont uniquement préoccupés d’être aux côtés de l’humain-référent. S’ils ont toutes ces qualités, pourquoi ne pas les garder ? Susurrerez-vous. C’est possible, mais en ce cas, impossible de conserver une structure d’accueil d’urgence temporaire qui, au vu des animaux qui lui ont déjà été confiés, semble plus qu’indispensable.

E C


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UNE HISTOIRE (DE) BETE A PLEURER

Un samedi après-midi, l’appel téléphonique d’un inconnu signalant la présence sur une route de Billy (Loir et Cher) d’une chienne cadavérique. Deux personnes sensibilisées, un peu sceptiques, se déplacent sur le lieu indiqué, une ferme plus ou moins à l’abandon, jonchée de détritus et ferrailles divers et peuplée d’un nombre impressionnant d’animaux, poneys, chevaux, âne, cochons et 8 chiens et chiots faméliques, infestés de vers dont le redoutable Tænia et galeux. Mais la chienne n’y était pas.

Le maître des lieux s’étant décidé à se montrer, une discussion fut engagée qui se révéla longue, longue et pénible. Ce « brave » homme se justifia de l’état pitoyable de ses animaux, en argumentant que du temps de ses aïeuls, les bêtes se débrouillaient bien toutes seules et qu’il détenait un remède souverain contre les parasites : de l’huile et du souffre. Nous étions accablés, mais ce n’était que balivernes eu égard à ce qui allait suivre.

Arriva de la route, une «entité» vacillante, dépoilée, couverte de croûtes, malodorante, quasiment fossilisée, qui avait dû, il y a bien longtemps, être un chien de chasse. Un faible battement de queue répondit à ma caresse sur sa tête ulcérée. Cette pitoyable bête appartient à une dame hospitalisée l’an dernier et confiée « aux bons soins » de ce voisin dévoué. Jessie, se trainant, retournait chaque jour dans son ancienne maison, pour attendre sa maîtresse probablement et le soir, revenait à la ferme partager gîte (?) et couvert( ??), ce dont je doute puisque les chiens, plus valides qu’elle, devaient se ruer sur leur pitance.

Heureusement pour elle, se trouvant sur la voie publique et n’appartenant pas à cet individu, Jessie a pu être emmenée chez le vétérinaire. On lui donnait 15 ans, elle n’en a que 12, un bon cœur et, ne méritant pas de finir sa vie ainsi, ne fût pas euthanasiée.

Une question et une idée : La situation de ces animaux et de leur détenteur, est connue de tous au village. 9 chiens lui ont été retirés l’an passé et le maire, interpellé à ce sujet. Quelles mesures prophylactiques, pour prévenir l’apparition et le développement de maladies contagieuses, surtout concernant les cochons, ont-elles été mises en place par la Mairie ?

Quant à l’idée, utopique certainement, peut-on créer un lieu d’accueil temporaire pour les animaux de personnes, surtout âgées, hospitalisées ? De savoir leur compagnon pris en charge correctement, ne pourrait que les aider à supporter la séparation, l’éloignement de leur domicile et donner un sens à leur vie en se projetant dans l’avenir.

Billy est un charmant petit village de Sologne, je vous recommande son église du XIème siècle et plus précisément son caquetoire, lieu de rassemblement des paroissiens avant et après l’office, où les commérages allaient bon train. Y parlera-t-on de Jessy ?

P S : Un grand bravo pour la réactivité des participants à ce réseau improvisé et notamment à la SPA de Sassay qui a récupéré les 8 chiens, dès le lundi.

Un énorme haro sur tous ceux qui savaient et qui ont détourné le regard. Qu’ils se rappellent que s’occuper de petites causes, c’est intervenir dans de grandes.

Jessie s’est éteinte ce matin. Je l’ai retrouvée lovée dans son panier confortable, sereine, après 5 jours dans un monde enfin bienveillant.

RAPPEL A LA LOI :

Concernant le détenteur d’un animal :

Art 521-1 du code pénal et R654-1… la loi punit les auteurs de sévices envers les animaux domestiques et, dans notre cas, concernant les mauvais traitements (privation de nourriture, absence de soins). Il s’agit d’une contravention jugée par la Juridiction de Proximité- 750 euros d’amende au plus.

Du fait de la divagation du chien sur la voie publique, la responsabilité pénale est engagée.

En application de l’article L212-10 du code rural, l’identification des chiens est obligatoire pour tous les chiens vendus ou cédés à titre gratuit. Le non-respect est sanctionné par une amende de quatrième classe.

Concernant la Mairie :

Le Maire a des pouvoirs de police administrative ( article L 211-11 de Code Rural), il peut mettre en demeure le propriétaire de l’animal de le mettre dans de  bonnes conditions de détention, dans un délai déterminé, sous peine de saisie de l’animal. Il peut aussi en cas d’urgence, sans délai, autoriser la capture de l’animal maltraité.

Il semblerait que la Mairie de Billy ait informé, à plusieurs reprises, la Direction des Services Vétérinaires des conditions misérables de détention de ces animaux. Ils seraient même intervenus et… rien. Où est l’horreur ? Pardon, cela on le sait, je voulais dire, l’erreur !

E C


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Imaginez, derrière les grilles d’un box de la SPA, un chien croisé Labrador-Braque, pense-t-on, d’une couleur tirant sur le marron et…inintéressant au possible. Ce pauvre Ugo n’avait rien pour plaire : pas beau, même pas sympa, pas jeune, pas dynamique, pas…, pas… Mais ça, c’était avant que l’on passe le « pas ». Il aura fallu la canicule de cet été, une détresse respiratoire importante qui l’aurait rapidement emporté, pour que ce senior de près de 15 ans, perclus de rhumatismes, débarque en catastrophe à la ferme. Il y a rejoint « les seniors de Sassay » Grisby, Rêve, Sly, Tanguy, aujourd’hui disparus et le grand Bob, plus vivant que jamais.

Quelques jours au frais et ce revenant de loin s’est remis à bouger, aboyer, garder la maison et, sa priorité, manger! Et récemment, Ugo a montré des signes de joyeuse affection et, après la visite de l’ostéopathe, se met à gambader.

Avec le froid, il va d’un vieux fauteuil à son panier et là, lové dos au radiateur, Ugo rêve, calmement et enfin, serein.


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Ulis : adoption non réfléchie : 2 retours en 2 mois

Une adoption ne s’improvise pas

Plusieurs chiens adoptés en SPA, sont rapportés quelques jours, voire 2-3semaines après leur adoption.

L’adoption d’un chien est un acte réfléchi, car il s’agit de lui redonner confiance suite au traumatisme subi par l’abandon, afin qu’il retrouve un état psychique normal. Sa rééducation plus ou moins longue s’apparente à celle d’un jeune chien à qui nous devons réapprendre ce que nous attendons de lui, cela peut passer par quelques mordillements, morsures ou déjections accidentelles.

Il ne faut pas oublier que certains sont recueillis depuis longtemps faute d’adoptants. Très souvent leur passé n’est pas connu, ils doivent considérer gestes et caresses comme du réconfort et non comme des menaces, cela peut prendre du temps,

Si le chien pour lequel vous avez eu un coup de cœur ne répond pas tout de suite à vos attentes ou vos espérances, rééduquez le avec patience, il vous le rendra , sans aucun doute, afin de devenir votre plus fidèle compagnon.

Une adoption demande de la réflexion, un chien est un être sensible, toutes les races ne conviennent pas à tous les individus.

Le chien est le meilleur ami de l’homme. Faisons en sorte que l’homme soit le meilleur ami du chien.


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